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Planète Mars et martiens dans l'imaginaire et la culture populaire / Planet Mars and martians in popular culture

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La persévérance vient à bout de tout (1959) Jacques Sternberg

1959-satellite15L'histoire
Dans un futur indéterminé, où les fusées sont devenues aussi usuelles que des Frigidaires, l'être humain s'est répandu dans tout l'espace. Tout le système solaire a été colonisé et bien au delà, des planètes aux noms et aux propriétés improbables ont contribué à l'essor des Terriens. Elles s'achètent, se vendent, se louent. Pourtant, une seule, oui, une seule, leur fait défaut. Celle que l'on pensait bien coloniser avant toutes les autres, celle qui depuis des milliers d'années maintenant fait l'objet de tous les fantasmes, oui celle-ci reste encore complètement inviolée, et pour cause : Mars s'avère être d'une matière si dure, si lisse, qu'il est impossible d'y creuser le moindre trou. Mars est une bille de métal indestructible. Mais une société de métallurgie décide quand même d'investir en achetant la planète, persuadée d'avoir assez de ressources technologiques pour venir à bout du mystérieux métal et pouvoir le commercialiser. "Tel doit être notre but, messieurs : creuser un trou sur Mars, un seul petit trou. De ce trou naîtra un monde nouveau." Seulement voilà, rien n'y fait. De la perceuse la plus sophistiquée jusqu'à une bombe atomique d'occasion, rien, absolument rien, ne vient générer même la moindre éraflure. Après un milliard englouti dans ce projet, les hommes exilés sur Mars sont sommés de rentrer. C'est à ce moment là que l'un d'eux...

Le français Jacques Sternberg fait un sacré pied-de-nez à toute la mythologie martienne, en réinventant totalement sa géologie, abolissant toute véracité scientifique et faisant fi de toutes les images ancrées dans l'inconscient collectif des années 50. Contemporain des meilleurs novellistes de l'époque, Sternberg nous concocte ici une nouvelle assez courte qui n'a rien à envier, notamment dans la chute (que je ne dévoile pas cette fois), à des écrivains comme Fredric Brown. Par cette volonté de casser complètement l'image habituelle de Mars, on pourrait presque considérer ce récit comme étant une uchronie : dans un monde parallèle, à un point de divergence lointain dans le passé, Mars a évolué différemment, ce qui explique qu'elle ne soit ni rouge, ni sablonneuse, ni montagneuse ou désertique, juste une surface lisse et grise comme une perle de mercure. La chute est très légère, mais bien amenée, comme peuvent l'être celles de Brown mais aussi, par sa dimension absurde et surréaliste, de Roland Topor.

Descriptions martiennes

Climat : chaleur intenable sous le soleil, froid la nuit.
Colonisation : impossible en raison de sa géologie particulière. Seule la base de la S.M.R : Société des Métallurgies Réunies, propriétaire de la planète Mars et principal investisseur, y est installée.
Ressources : le sol martien est fait d'un métal inconnu, si solide qu'il est impossible d'en prélever le moindre échantillon pour l'analyser. Absence d'eau.


1959 La persévérance vient à bout de tout  Jacques Sternberg (dans la revue Satellite n°15 - 1959)
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Autres textes chroniqués de cette revue

René Charles Rey  - 1959 Sur les plaines de sable rouge
André-Paul Duchateau - 1959 L'écrivain public

 

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Commenter cet article

Spooky 29/10/2013 16:03


Dans ce cas, pourqioi avoir choisi Mars ? Cette descritption et cette histoire auraient pu se apsser sur une autre planète, non ? A ton avis, c'était juste pour le plaisir du détournement ? :)

Erwelyn 29/10/2013 19:01



C'est évident ! Mars est depuis lontemps tellement associée à des clichés en tout genre que ce devait être drôle pour l'écrivain de se détourner des chemins battus. En plus en 1959, il y a encore
de quoi extrapoler tout et n'importe quoi. J'aime l'idée que la planète que tout le monde convoite depuis si longtemps soit dans l'histoire de Sternberg la dernière à être colonisée.



Oncle Paul 12/10/2013 15:18


Bonjour Herveline


Sternberg est un auteur malheureusement méconnu. Pourtant ses nouvelles me faisaient penser un peu à Fredric Brown


Amicalement

Erwelyn 12/10/2013 16:10



Tout à fait Paul. On pense aussi à Topor et avec le recul, je dirai que Dino Buzzati n'est pas très loin. En tout cas les cinq nouvelles lues pour ce blog m'ont convaincue d'en lire plus à
l'occasion. A bientôt.