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Mars blanche / White Mars (1999) Brian AldissQuatrième de couverture
En 2041, les problèmes économiques incessants interrompent les communications entre la Terre et la petite colonie scientifique établie sur Mars. L'Antarctique avait été le continent de la science, Mars devient une planète réservée à la science : Mars blanche.
Naufragés de l'espace, les pionniers isolés, essaient de repenser le monde et le destin de l'humanité, de réellement créer un monde meilleur. Une planète sans exploitation, sans armes, sans pollution, peuplée d'hommes libres. Tandis que le débat sur l'utopie progresse, la question de l'existence d'une forme de vie martienne totalement inconnue prend un tour dramatique. Des caractères forts se révèlent à la lumière des événements et des débats.

On connait l'humanisme de Brian Aldiss et son engagement pour la préservation de l'environnement. Il n'est donc pas surprenant que trente-sept ans après Le Monde vert (1962) où il programmait la fin de l'humanité après que cette dernière se soit autodétruite par ses excès, il tente ici une utopie martienne dont les terriens pourraient s'inspirer pour se relever du chaos. C'est donc sur Mars que nous retrouvons une population isolée, sans plus de contact avec la Terre, qui tente par tous les moyens de récréer un monde basé sur la notion d'utopie faisant fi de tous les travers humains tant économiques, religieux, financiers, politiques etc. Bien sûr cela n'est pas évident, car si la population des colons est limitée à quelques 6000 âmes, chacun ne voit pas les choses de la même manière.
En parallèle de cette élaboration d'une société martienne, les scientifiques s'attèlent toujours à ce qui avait initialement motivé la mission : identifier la tache Omega, La particule ultime, fantomatique et insaisissable (bon, je n'ai pas vraiment compris ce que c'était). Mais finalement c'est une vraie manifestation de vie martienne qui va se révéler à eux.
Les deux points d'intérêt les plus pertinents du récit sont la préservation de la planète rouge en état, la protection totale de son environnement et l'amorce d'une société utopique dont la viabilité pourrait se propager à la Terre.
Le premier point consiste à dire que tant que la planète Mars n'aura pas été totalement parcourue, il est hors de question de la terraformer. Il s'agit de ne pas tuer une planète avant même qu'elle n'ait révélée ses secrets. Et si vie il y avait, il serait alors également impossible d'en modifier l'environnement ou le processus naturel d'évolution. Le roman d'Aldiss se termine d'ailleurs sur la reproduction d'un tract écrit en 1997 par l'auteur lui-même, qui en tant que président de l'APIUM : Association for the protection and integrity of an unspoilt Mars (Association pour la protection et l'intégrité d'une Planète Mars intacte), énonce une charte qui tendrait à protéger Mars de toute agression. L'exemple le plus parlant stipule qu'il serait interdit à la Terre d'utiliser la planète rouge pour stocker ses détritus nucléaires. Tout le fondement du roman est donc basé sur cette démarche engagée de l'auteur.
Le second point est la mise en place de réflexions visant à recréer une société qui annihilerait tous les travers que l'homme a emmagasinés depuis des siècles. Sous forme de réunions et d'échanges, Tom Jefferies, initiateur du mouvement, propose des sujets de discussions visant à améliorer et à enraciner des comportements positifs, tournés vers le bien de tous. La construction du récit permet d'avoir des expériences ou des points de vue différents.
Malgré tout Mars Blanche n'est pas un roman passionnant. Certains passages très hard-science sont incompréhensibles et cassent complètement le rythme du livre. A cela s'ajoute la possibilité d'une vie martienne des plus inattendues et à la limite du risible, même si l'auteur associé à Roger Penrose (mathématicien et physicien, co-auteur du roman) essaient d'y donner de la crédibilité. Effectivement, il y est annoncé quasi de but en blanc qu'Olympus Mons (rappelons ses mesures gigantesques : base de 648 km et 22.5 km de haut), serait en fait une forme de vie, réveillée par l'arrivée des terriens et qui se manifeste en se déplaçant vers la base martienne. Il faut donc considérer le plus grand volcan du système solaire, comme une sorte de bernicle géant rampant sur le désert martien et ce sans jamais créer ni tremblements de terre, ni dégâts climatiques, à peine quelques éboulements. La morale ironique c'est qu'une montagne qui se déplace, sur Mars, ça ne fait pas de vague.

Descriptions martiennes

Base de recherche : observatoire de Pavonis au sommet de Tharsis
EUPACUS
: consortium terrien chargé d'orchestrer toutes les missions martiennes et autres. Sorte de gigantesque agence de voyage. S'effondre en 2066 alors que depuis 2059, les vols interplanétaires étaient monnaie courante, entraînant dans sa chute toute l'économie mondiale et isolant de fait les colons sur Mars.
Lieux évoqués
: Amazonis Planitia ; dôme de
Tharsis ; Olympus Mons ; Margarite SinusValles Marineris dans laquelle en 2064 ont été découvertes des entrées de grottes menant à des lacs souterrains étrangement phosphorescents.
Mars : surnommée l'Etage (la Terre est appelée le Rez-de-chaussée) d'abord colonie, elle devient une planète indépendante
Martiens : Par défaut, les colons terriens mais des manifestations de vie sont constatées : des sortes de langues blanches entrant et sortant de terre. Ni végétales ni minérales, elles pourraient être les récepteurs sensoriels, voire d'anciens organes digestifs d'un énorme animal : Olympus Mons. Ce dernier serait donc une être vivant et intelligent, l'ultime évolution d'une multitude de formes de vie ayant vécues dans un passé martien très lointain et qui se seraient protégées d'un prédateur encore plus grand (venu de l'espace ?) en se "coagulant", en fusionnant. Son ADN est constitué d'une double double hélice. Après des milliards d'année, il apprend à se reproduire. Les colons le renommèrent Chimborazo ("La tour de guet de l'univers") en référence au plus grand volcan des Andes équatoriennes.
Ressources
: eau pure sans traces de micro-organismes trouvée à 1,2 km sous la surface du sol

Satellites : Phobos et Diemos ont été rebaptisés Swift et Laputa. Ils ont été tous les deux visités. Il reste encore des déchets métalliques sur Swift, restes d'une mission russe au XXe siècle.
Villes :
Mars City renommée plus tard Aeropolis
dans Amazonis Planitia constituée de dômes. On y trouve des rues rendant hommage à des personnalités liées à Mars : Avenue (Percoval) Lowell, Bvd (Ben) Bova, Avenue K.S. Robinson. Et un bar le Capitaine Nemo.


1999 Mars blanche (White Mars)  Brian Aldiss (Métailié)
(Côte martienne Like a Star @ heavenLike a Star @ heavenLike a Star @ heaven) (Côte plaisir Côte plaisir)

Copyright © Culture Martienne 2007-2013

Tag(s) : #COTE MARTIENNE XXX

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