On a marché sur Mars / First Landing (2001) Robert Zubrin

Publié le par Erwelyn

On a marché sur Mars / First Landing (2001) Robert ZubrinQuatrième de couverture

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, une mission spatiale habitée est en route vers Mars, la planète rouge...

Ils sont cinq : un pilote d'élite de l'US Air Force, une femme ingénieur mécanicien qui a de l'or dans les mains, un brillant scientifique, un géologue texan et un historien porté sur l'aventure sélectionnés pour être les membres de la première expédition habitée vers Mars. Et, à ce titre, pour entrer dans l'Histoire...
A bord de leur vaisseau spatial, tout ne se passe pas toujours pour le mieux : chacun des astronautes a une forte personnalité, et les frictions sont fréquentes. Mais tout est oublié lorsqu'ils foulent enfin le sol rouge de Mars...
Au départ, cet exploit est salué comme il convient sur leur planète d'origine, mais l'opinion publique américaine en vient rapidement à critiquer les dépenses considérables engagées pour cette expédition. Le gouvernement abandonne alors purement et simplement les astronautes à un sort qui promet d'être tragique.

"Ingénieur en astronautique, Robert Zubrin est consultant à la NASA, qui a adopté nombre de ses théories pour élaborer ses diverses missions vers Mars. Son livre, d'un réalisme saisissant, a été salué comme une réussite magistrale par les autorités indiscutables que sont Kim Stanley Robinson, auteur d'une trilogie martienne de référence, l'astronaute Buzz Aldrin, Carl Sagan et le grand Arthur C. Clarke." Et on comprend pourquoi.
On a marché sur Mars fait partie de ces encore rares romans empruntant au réalisme scientifique. Et malheureusement ces derniers ne sont pas toujours à la hauteur des espérances. Zubrin trouve un bon compromis entre la gigantesque fresque martienne de Stanley K. Robinson (La trilogie martienne : Mars la rouge, Mars la verte et Mars la bleue) et la très décevante Invasion martienne de Paul McAuley).
D'abord, l'humain est au premier plan. Tout le récit repose sur la capacité de ces hommes et de ces femmes à pouvoir, ou non, cohabiter sur des missions spatiales de longues durées. Ensuite, l'aspect scientifique est parfaitement abordable. On est très loin de certains romans indigestes de hard-science. Ici on parle certes de technologie mais dans un langage simple qui aide à la visualisation des concepts ou du matériel. Enfin, le scénario s'aventure pour notre plus grand plaisir de lecture vers une intrigue, à la limite du polar spatial, élaborant un mystère autour d'éventuels sabotages.
En arrière plan, les interactions entre la NASA et les organismes politiques (on est en pleines élections présidentielles) ou encore revendicatrices (comme la Redpeace qui s'oppose à la possibilité que la Terre puisse être contaminée par une "peste rouge" venant de Mars) ajoutent à la trame romanesque un peu de piment qui n'est d'ailleurs pas sans un intérêt intellectuel. On retrouve, comme pour L'inca de Mars, la réaction de la population face au risque de contamination en cas d'interférence avec une forme de vie martienne, même microscopique. D'ailleurs Zubrin cite le livre de Michael Crichton, La Variété Andromède, titre que j'évoquais moi-même dans ma critique de l'Inca. (Les grands esprits se rencontrent).
Et puisque j'y suis, il rend également hommage à Barsoom du cycle martien d'Edgar Rice Burroughs (oui je sais, toujours pas lu... mais c'est tellement long... ça viendra), à Percival Lowell et ces canaux et au Vieux fidèle de Raymond Z. Gallun (le traducteur se contente de rapprocher Old Faithful au célèbre geyser de Yellowstone alors que la double référence est évidente.)

C'est aussi une oeuvre qui m'a émue. En science-fiction, seulement deux titres m'avaient à ce point bouleversée : Des fleurs pour Algernon de Keyes et Printemps russe de Spinrad. C'est évidemment très personnel mais j'ai été très touchée par certaines décisions prises lors du dénouement par certains personnages. Zubrin, en tout cas, réussit à merveille à faire naître ou renaître le goût des étoiles et de l'exploration spatiale dans le coeur des plus aventureux d'entre nous. Bien sûr, c'est un roman américain, avec des valeurs incontournables que l'on pourrait appeler "clichés" mettant régulièrement en avant les notions de religion, de famille, d'héroïsme... L'auteur est aidé en ça par Gregory Benford et James Cameron dont on reconnait aisément la pâte cinématographique.
Dans ce petit joyau romanesque, on peut juste regretter la faiblesse des descriptions martiennes. A trop tourner le récit vers l'action et l'émotion, on en a un peu oublié la grandeur du décor pour l'évoquer le plus simplement possible. Sans doute un peu de "poésie" supplémentaireonamarchesurmars-plan.jpg aurait été louable. Mais les nombreuses pistes de réflexions rattrapent ce petit bémol : l'exogénèse, la déontologie sur la colonisation, l'écologie, le budget alloué au programme spatial, la technologie au rabais, la survie, les risques des missions prolongées sur les organismes et sur les enfants qui naitraient sur Mars.
Le roman se termine avec une présentation du projet martien tel que Robert Zubrin le conçoit dans la réalité. Son roman se base sur ce projet, mais la mise en image par des croquis vient enrichir la démonstration. A noter que le scientifique est aussi à l'origine de la Mars Society, une association qui oeuvre pour l'élaboration des missions futures martiennes.

Descriptions martiennes

Climat : tempêtes, neige
Colonisation
: amorcée en 2015 par un couple et leur bébé. 
Flore
: herbe bleue-vert issues de manipulation génétique durant la colonisation
Lieux évoqués
:
Ophir Planum et Coprates Chasma, Valles Marineris, Maja Vallis, Vastitas Borealis, Acidalia Planitia, Xanthe Terra, Aurorae Planum près de Capri Chasma, les volcans du dôme de Tharsis
Martiens
: les futurs colons
Mission : première mission habitée vers Mars en 2015. Lieu d'atterrissage : Ophir Planum au nord de Valles Marineris
Redpeace : mouvement contestataire radical créé par des fanatiques qui s'oppose à toute interaction entre la Terre et Mars, de crainte que les astronautes puissent ramener des bactéries qui mettraient fin à l'humanité. Ce qui condamne les missions habitées à un aller-simple.
Ressources
: pierres précieuses. Une pierre gemme ultra résistante (plus encore que le diamant) sans équivalent terrestre
Vie martienne : Des stromatolithes bactériennes : des pores fossilisés en forme de tiges creuses dans lesquelles ce trouvaient les organismes. Vie précellulaire
Ville : New Plymouth dans Ophir Planum
. La première base est construite à partir du Beagle, le premier module habité envoyé sur Mars en 2015.

2001 On a marché sur Mars (First landing)  Robert Zubrin  (Presse de la Cité)
(Côte martienne
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Bonus

Parole basée sur une vieille ballade irlandaise The minstrel boy :

Les torrents de Mars sont secs et glacés,

Aucun courant ne les parcourt, aucune eau ne les remplit.
Toujours figés depuis des temps si anciens,
Ils attendent ceux qui sauront les ranimer.
Terre aujourd'hui desséchée, mais avec art et espoir,

Un autre monde, peut-être, verra le jour.
Et avec la force de la Raison, tu renaîtras.
Une étincelle de l'Esprit te rendra la vie.

Publié dans COTE MARTIENNE XXX

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Spooky 15/11/2013 16:21


Un bon roman méconnu donc...

Erwelyn 15/11/2013 16:34



Méconnu... non. En SF il fait référence même s'il ne fait pas l'unanimité. Mais globalement il est plutôt encensé, surtout aux USA.